Structure d’un appareil auditif( version PDF Télécharger le PDF )

Pour simplifier, un appareil auditif se compose de deux partie : le contenant, appelé aussi coque de l’appareil ou boîtier et le contenu ou l’électronique. La structure de base d’un appareil auditif est toujours la même. Elle comprend :

  • Un système ou étage d’entrée composé le plus souvent d’un microphone pour capter les sons et les transformer en signal électrique[i]. Une entrée électrique[ii] ou une bobine d’induction magnétique[iii] peuvent aussi servir de système d’entrée. Il existe deux types de microphones : le microphone omnidirectionnel qui capte les sons provenant de toutes les directions et le microphone directionnel qui capte les sons provenant d’une direction donnée. Les appareils performants possèdent souvent ces deux types de microphones pour améliorer la compréhension dans les endroits bruyants.
  • Un système d’amplification et de traitement du son le plus souvent numérique. C’est le cœur de l’appareil auditif qui va modifier et amplifier le signal électrique reçu par le microphone. Il existe cinq types principaux d’amplification qui diffèrent par le niveau de puissance électrique disponible pour alimenter l’écouteur, la dépense d’énergie au niveau de l’alimentation et la distorsion du signal électrique de sortie. Deux systèmes d’amplification sont habituellement utilisés : l’amplification dite linéaire, qui amplifie tous les sons de la même manière, et l’amplification dite non linéaire qui amplifie le son en fonction de la perte auditive sur certaines fréquences. Différents systèmes de réglage utilisant des filtres ou des algorithmes sont également utilisés pour « travailler » encore mieux le son. Ils expliquent les principales différences entre les appareils auditifs.
  • Un système ou étage de sortie composé le plus souvent d’un écouteur pour transformer le signal électrique modifié et amplifié en son[iv] et le renvoyer dans l’oreille. Il peut aussi être composé d’un vibrateur osseux[v]. Il existe trois types principaux d’écouteurs différenciés en fonction de la pression acoustique de sortie, du prix et de la consommation d’énergie notamment.
  • Un système d’alimentation, le plus souvent une pile qui se change plus ou moins régulièrement en fonction de la taille[vi]. Il existe aussi des systèmes de recharge avec des accumulateurs[vii].

La technologie numérique est aujourd’hui utilisée dans la plupart des appareils auditifs. Elle consiste à placer un petit système entre le microphone et l’amplificateur. Ce système est un filtre qui convertit le signal électrique en chiffres 0 et en 1 (d’où l’appellation de numérique). Ce signal codifié est traité par l’amplification puis à nouveau converti en impulsion électrique pour l’écouteur. Le traitement binaire du son est beaucoup plus précis et certains détails peuvent être modifiés sans trop altérer l’ensemble du signal. La technologie numérique permet de séparer beaucoup plus facilement les bandes de fréquences (jusqu’à 20) et de mieux cibler celles qui demandent une amplification. L’appareil peut aussi régler lui-même l’intensité sonore reçue par l’oreille en fonction du niveau du son qu’il perçoit. Cela veut notamment dire qu’un son faible est amplifié et qu’un son fort est automatiquement atténué (compression automatique).

Les réglages à disposition de l’utilisateur se présentent sous trois formes :

  • – réglage automatique : l’appareil gère tout ;
  • – réglage manuel : l’utilisateur gère le volume et a la possibilité d’avoir différents programmes en fonction de l’ambiance environnante ;
  • – télécommande : réglage manuel beaucoup plus perfectionné avec la possibilité d’avoir notamment en plus une liaison Bluetooth pour le natel ou la TV.

Schéma: Structure d’un appareil auditif

Le boîtier permet de différencier deux groupes principaux d’appareils : les appareils contour d’oreille[viii], appelés aussi rétro-auriculaires, placés derrière l’oreille et les appareils intra-auriculaires, placés dans l’oreille. Ces deux types d’appareils représentent plus de 98% des ventes en Suisse. Il existe encore les appareils boîtiers et les appareils montés sur lunettes. Chaque modèle d’appareil auditif a ses avantages et ses inconvénients qui doivent être bien discutés avant de choisir un modèle.

Figure 2

Figure 2 : appareils contour d’oreille

Les appareils contour d’oreille (figure 2) sont les plus prescrits. A part le boîtier standard placé derrière l’oreille, ils possèdent un embout sur mesure à mettre dans le conduit auditif. Ils ont les avantages suivants : une taille suffisante permettant l’utilisation des meilleurs systèmes électroniques et des dernières nouveautés, la possibilité d’utiliser un embout dit ouvert, c’est-à-dire qui ne bouche pas le conduit auditif (surtout pour les surdités dans les hautes fréquences). Le contour d’oreille permet aussi l’usage d’un microphone directionnel, mieux adapté lors de conversations en groupes par exemple. En outre sa polyvalence lui permet de corriger pratiquement toutes les surdités de légères à profondes. Les inconvénients sont moindres par rapport aux autres systèmes, si ce n’est l’esthétique et les résonances acoustiques possibles dans le tube plastique reliant le boîtier à l’embout.

Figure 3

Figure 3 : appareils intra-auriculaires

Les appareils intra-auriculaires (figure 3) ont un boîtier fait sur mesure pour chaque oreille. Il en existe différentes tailles en fonction de leur position dans le conduit auditif  externe[ix]. Ils représentent la meilleure solution d’un point de vue acoustique car ils sont placés dans l’oreille (utilisation des propriétés de focalisation du son par la forme du pavillon). Discrets, ils sont plus facilement acceptés que les appareils contour d’oreille. Néanmoins, ils présentent de nombreux désavantages : ils sont moins performants en raison de leur petite taille, les manipulations sont plus difficiles et ils obstruent souvent le conduit provoquant des problèmes acoustiques particulièrement gênants de résonance dans le conduit (phénomène d’occlusion). Ils sont surtout indiqués pour les surdités légères à moyennes qui ne nécessitent pas un conduit auditif externe ouvert. Depuis 2011 un modèle analogique “Lyric” (Phonak), intra-auriculaire profond, porté en permanence et “à usage unique” (c’est-à-dire qui se remplace tous les 3 à 4 mois), est disponible sur le marché, auprès d’un nombre limité d’audioprothésistes spécialement formés. Certains critères bien précis sont nécessaires pour  l’utilisation du Lyric, notamment un conduit auditif externe suffisamment large pour y être placé sans difficulté et porté en permanence jusqu’à son prochain changement. L’avantage principal du Lyric est qu’il ne nécessite aucune manipulation, si ce n’est de mettre une protection à l’entrée du conduit auditif externe lors de la baignade.

De nouveaux types de boîtiers apparaissent sur le marché comme l’intra-conque, qui se place dans la partie supérieure de la conque. Il est relié au conduit auditif par un embout le plus souvent ouvert. Pour le moment, ils ne sont indiqués que pour les surdités légères à moyennes.


[i]On appelle le microphone transducteur d’entrée car il transforme le son en impulsion électrique.

[ii] Permet de brancher directement l’appareil à un autre système de signal électrique comme un microphone extérieur à l’appareil ou un système FM.

[iii] C’est un système qui permet une meilleure écoute au téléphone et dans les endroits publics munis d’une boucle magnétique.

[iv] L’écouteur est le transducteur de sortie. Il fait le travail inverse du microphone.

[v] C’est le cas du BAHA.

[vi] Il en existe cinq modèles principaux.

[vii] Ce système d’alimentation pose encore des problèmes de fiabilité.

[viii] Les petits contours d’oreille s’appellent microcontours d’oreille.

[ix] Le plus petit s’appelle l’intra semi profond ou péritympanique.

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