Implant cochléaire (IC)( version PDF Télécharger le PDF )

Figure 1

Figure 1 : implant cochléaire (partie externe - partie implantée)

C’est le premier implant auditif qui est arrivé sur le marché de manière routinière dans les années quatre-vingts[i]. Il s’agit d’un système électronique stimulant directement les terminaisons du nerf auditif dans la cochlée. L’implant cochléaire transforme le son capté en impulsions électriques et ces impulsions électriques vont stimuler directement les fibres nerveuses du nerf auditif. Pour que ce type d’implant marche, il faut donc que le nerf auditif soit fonctionnel[ii]. L’implant cochléaire se compose de deux parties : une partie implantée placée sous la peau de la mastoïde avec une électrode qui est glissée dans la cochlée et un appareillage auditif externe tenu par magnétisme en regard de l’implant derrière l’oreille (figure 1). L’appareil auditif externe est un contour d’oreille composé d’un microphone et d’un système qui va directement transformer les sons perçus en impulsions électriques. Ce système ne requiert pas d’amplification à proprement parlé. Ces impulsions sont transmises à travers la peau à la partie implantée et dirigée, par l’électrode placée dans la cochlée, vers les fibres nerveuses du nerf auditif dans la cochlée (figure 2). Les modèles récents d’implants sont dits multicanaux, car ils possèdent plusieurs fréquences de stimulation avec des stratégies de codage pour traiter le signal reçu. Différents modèles existent sur le marché avec à peu près les mêmes possibilités[iii]. Le choix de l’implant sera ainsi souvent fonction des habitudes de chaque équipe

Figure 2

Figure 2 : électrode dans la cochlée

d’implantation. L’implant se place en anesthésie générale en suivant une technique bien codifiée et relativement uniforme passant par une incision derrière l’oreille, puis à travers la mastoïde et par une tympanotomie postérieure[iv]. L’intervention dure entre 90 et 120 minutes et nécessite quelques jours d’hospitalisation. Les implants cochléaires ont révolutionné la prise en charge des enfants naissant avec de gros déficits auditifs, provoquant certains remous dans la communauté des sourds. Ils sont actuellement systématiquement proposés dans

chaque cas de surdité infantile remplissant les critères d’indication de ce type d’implant, car ils permettent à l’enfant d’acquérir une élocution presque normale et une intégration beaucoup plus facile dans le monde des entendants. Ils sont aussi indiqués chez les adultes lors de surdité d’évolution rapide ou chez le patient présentant une surdité profonde bilatérale, cas où les appareils auditifs classiques sont devenus inefficaces. Ils nécessitent une très longue rééducation dans un milieu spécialisé. Néanmoins, l’adaptation de ces implants auprès de patients présentant une surdité profonde de longue date donne souvent des résultats mitigés. L’indication doit donc être méticuleusement posée[v]. Un bilan médical strict est effectué avant de prendre la décision de proposer un implant cochléaire. Certaines situations sont difficiles à apprécier. L’évaluation d’un candidat à une implantation cochléaire reste un processus individualisé, qui nécessite donc une approche cas par cas par une équipe pluridisciplinaire expérimentée[vi]. En Suisse, seuls les hôpitaux universitaires[vii] et l’Hôpital cantonal de Lucerne sont habilités à prescrire et à poser ce type d’implant[viii].


[i] Le premier implant cochléaire a été posé en France par Djourno et Eyries en 1957.

[ii] Si ce n’est pas le cas, l’implant peut être parfois placé au niveau du tronc cérébral dans le noyau cochléaire. Il est alors dénommé ABI, abréviation anglaise de “Auditory Brainstem Implant”, c’est-à-dire implant auditif du tronc cérébral. La principale différence se situe au niveau de la structure de l’électrode.

[iii]Les principaux sont : Nucleus CI22 de Cochlear (Australie), PulsarCI100 de Med-El (Autriche), Clarion de Advanced Bionics (Etats-Unis) et Digisonic de MXM (France).

[iv] Cette tympanotomie postérieure permet d’accéder  par derrière dans l’oreille moyenne et directement depuis la mastoïde sans décoller le tympan. Ensuite, une petite ouverture est confectionnée en avant de la fenêtre ronde pour glisser l’électrode dans la cochlée.

[v] En 1995 une conférence de consensus fut organisée pour édicter les règles directrices concernant l’indication à poser un implant cochléaire. NIH Consensus. Cochlear implants in adults and children. JAMA 1995;274:1955-1961.

[vi] Haenggeli CA. et al. Appareillage acoustique ou implantation cochléaire : les cas limites. Rev Med Sui 2006;4 Oct (81):2230-2235.

[vii] En Suisse romande, les deux hôpitaux universitaires sont réunis dans le Centre Romand d’implants Cochléaires (CRIC). http://cric.hug-ge.ch/

[viii] http://www.cochlea-implantat.ch/downloads/flyer-ci-french.pdf

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