Classification( version PDF Télécharger le PDF )

De nombreuses classifications sont proposées en fonction du caractère de l’acouphène, de son étiologie supposée, de son retentissement psychologique, de l’âge du patient ou de la maladie éventuellement associée, sans qu’aucune soit satisfaisante en pratique clinique. La seule différenciation clinique utile est celle qui distingue les acouphènes objectifs des acouphènes subjectifs. Un acouphène est dit objectif quand l’entourage du patient peut aussi l’entendre. Ce type d’acouphène représente moins du 1% des cas. L’acouphène objectif est dû à certaines pathologies bien définies de l’oreille. S’il est semblable à une pulsation, c’est qu’il est lié à un bruit vasculaire en relation avec un chémodectome[i] ou une anomalie vasculaire dans ou autour de l’oreille. Semblable à des clics répétés, il est lié à des mouvements anormaux des muscles de l’oreille moyenne ou de la trompe d’Eustache appelés myoclonies[ii]. Ces acouphènes objectifs peuvent être entendus par l’examinateur à l’aide d’un stéthoscope appliqué contre l’oreille. En cas de myoclonies, des mouvements rythmiques du tympan ou du voile du palais peuvent être observés lors de l’otoscopie. L’acouphène le plus fréquent est l’acouphène subjectif. Seul le patient l’entend. Lorsqu’on parle d’acouphène, on se réfère d’ailleurs pratiquement toujours à l’acouphène subjectif.

Une autre classification peut être intéressante : elle sépare l’acouphène considéré comme un symptôme et l’acouphène considéré comme une “maladie propre”, même si ce terme n’est pas très approprié. L’acouphène symptôme, qui peut être objectif ou subjectif, est de loin le plus fréquent. Il se retrouve dans les maladies de l’oreille mais aussi dans certaines maladies neurologiques, métaboliques ou cardio-vasculaires ou est provoqué par des événements extérieurs comme la prise de médicaments ou un traumatisme acoustique. L’acouphène “maladie propre” est toujours subjectif et beaucoup plus compliqué. Il se manifeste en cas d’anxiété, de dépression et de certains troubles de la personnalité ou de troubles psychiatriques.


[i] Appelée aussi tumeur glomique, c’est une tumeur bénigne rare de l’oreille moyenne à point de départ vasculaire au niveau des corpuscules glomiques entourant les vaisseaux, notamment la veine jugulaire qui passe dans le fond de l’oreille moyenne. Son extension est variable et elle atteint différents stades d’invasion dans les structures avoisinantes. Elle est souvent reconnaissable par otoscopie car elle se manifeste par la présence d’une masse rouge pulsatile derrière le tympan. Son traitement est essentiellement chirurgical, la technique utilisée variant fortement suivant la taille de la lésion.

[ii] Pour les muscles de l’oreille moyenne, le traitement de ce type d’acouphène est chirurgical. Il  consiste à sectionner le tendon du muscle incriminé. Pour les muscles de la trompe d’Eustache, des injections régulières de Botox peuvent être utilisées car la chirurgie n’est pas possible dans ces cas-là.