Chirurgie du tympan( version PDF Télécharger le PDF )

La chirurgie du tympan concerne principalement deux maladies fréquentes en consultation otologique : les perforations du tympan et les poches de rétraction. Elle consiste à reconstruire le tympan au moyen d’une greffe de tissu prélevé chez le patient et s’appelle tympanoplastie[i] de type I ou myringoplastie[ii]. Les principaux tissus utilisés sont : l’enveloppe du muscle de derrière l’oreille appelée fascia temporal, l’enveloppe du cartilage de l’oreille appelée périchondre ou le cartilage lui-même. Chacun de ces tissus a ses avantages et ses inconvénients. Les deux premiers sont plus souples, mais ils se lysent plus facilement. Le dernier est plus rigide et transmet donc légèrement moins bien les sons mais il se lyse moins facilement d’où de meilleurs résultats de prise de greffe[iii]. Le matériel de greffe utilisé est souvent fonction des habitudes du chirurgien, les trois sortes de tissus donnant plus ou moins le même résultat.

Sur le plan technique, la tympanoplastie de type I appliquée à une perforation consiste à refermer le trou avec la greffe pour permettre à la peau de recouvrir à nouveau l’endroit où il se trouvait. Dans le cas d’une poche de rétraction, l’intervention consiste à renforcer le tympan pour éviter qu’il se rétracte à nouveau. Dans ce cas-là, seul le cartilage est efficace. Pour fermer une perforation du tympan, le chirurgien doit d’abord nettoyer les bords de la perforation. Ensuite, il va placer la greffe. Pour ce faire, trois méthodes principales existent :

- la greffe est placée sous le tympan dans l’oreille moyenne, méthode appelée underlay[iv];

- la greffe est placée comme un bouchon dans la perforation, méthode appelée inlay[v];

- la greffe est placée sur le tympan, plus précisément sur sa couche moyenne conjonctive, après avoir enlevé la peau qui recouvrait les bords de la perforation, méthode appelée overlay ou onlay[vi].

La méthode la plus souvent utilisée est l’underlay. La greffe n’a pas besoin d’être suturée, elle tient par capillarité. Il est parfois nécessaire de la soutenir, soit en plaçant dans l’oreille moyenne une petite éponge qui se résorbe, soit en faisant une petite « boutonnière » pour la suspendre, surtout en avant. En fait, la technique utilisée va dépendre essentiellement de la localisation de la perforation. Les interventions les plus difficiles concernent les perforations antérieures, les perforations complètes du tympan et celles qui touchent le bord du tympan, appelées perforations marginales. Le succès après la chirurgie de fermeture d’une perforation du tympan se situe entre 80 et 90%. Pour les poches de rétraction, la seule technique efficace est l’underlay avec du cartilage. La difficulté principale en ce qui concerne les poches de rétraction est l’indication opératoire ou, plus simplement, de savoir à quel moment il est opportun d’opérer une poche de rétraction[vii].


[i] Le terme de tympanoplastie fut introduit en 1952 par Wullstein. Il concerne les différents types de reconstructions du tympan et des osselets avec ouverture de l’oreille moyenne d’où sa numérotation. La reconstruction du tympan porte donc le nom de tympanoplastie de type I. D’autres auteurs se sont intéressés à cette classification en proposant aussi la leur. La classification utilisée ici a été publiée en 1995. Konu P, Brossard E. Causes d’insuccès fonctionnels dans les tympanoplasties de type II et III. ORL (Bern : Huber);18:69-76.

[ii] Ce terme concerne surtout la reconstruction du tympan sans ouverture de l’oreille moyenne.

[iii] Les résultats à long terme semblent démontrer que le cartilage s’assouplit avec le temps et que les résultats auditifs sont superposables à ceux obtenus avec des matériaux plus souples.

[iv] Mettre dessous le tympan.

[v] Mettre dedans le tympan.

[vi] Mettre dessus le tympan.

[vii] Ce problème est discuté dans le chapitre décrivant les pathologies de l’oreille moyenne.

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